Après la crise du coronavirus : le modèle de l’éco-métropole du Grand Paris

Mis à jour : août 27

Par Antoine Alibert et Jean-Baptiste Pegeon


Paris et sa métropole se révèlent, à la lueur de la crise, encore plus inégalitaires et moins préparées aux périls du dérèglement climatique. Antoine Alibert et Jean-Baptiste Pegeon proposent de saisir l’opportunité d’engager la transformation de notre territoire par une éco-métropole pour construire nos résiliences, renforcer nos solidarités et faire de la relance économique un impératif écologique.


Photo crédits : Chris Karidis


Aujourd'hui, la crise dans laquelle Paris et le Monde se retrouvent mis en quarantaine n’est que le dernier avatar d’une mondialisation à bout se souffle basée sur la destruction de nos écosystèmes, la surdensité urbaine et l’accumulation par quelques uns au détriment de tou.t.e.s. Cette crise sanitaire montre la fragilité de nos sociétés modernes interdépendantes qui ont subi de plein fouet l’attaque d’un virus sans qu’aucune ne sache endiguer la vague de contagion. Plus grave, cette épidémie vient s’ancrer comme un rouage de plus dans la crise plus grande encore qui nous guette, celle du réchauffement climatique et de l’atteinte inexorable de notre environnement. Ainsi, notre façon de vivre va être bouleversée par une évolution de la température mondiale de plus en plus rapide et continue engendrant la multiplication des phénomènes à caractère exceptionnel et une disparition de la biodiversité, nous conduisant dans une impasse pour notre survie. Sans nul doute, le mode de fonctionnement de nos sociétés a eu une influence sur le changement climatique ces dernières décennies et ces mêmes modes de fonctionnement ont une relation directe avec l’accroissement des maladies zoonotiques comme le coronavirus[1].


Cette crise remet en cause nos modes de consommations, d'interactions et de déplacements de façon extrême. Passée la sidération, nous devons penser notre résilience future, un changement systémique incluant une meilleure prise en compte du temps long sans attendre l’habituelle politique incrémentale qui nous fait bouger à la marge sans jamais nous préparer réellement aux situations futures. L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) vient de sortir un rapport édifiant qui dresse les pertes à venir pour l’économie française. Durant la crise, chaque mois de confinement a amené une baisse de PIB de 2,6%, ce qui équivaut à 60 milliards d’euros[2]. Cette analyse n’est encore qu’une prévision car nous ne savons rien d'un reconfinement avant la fin de l'année et de la réelle reprise de l'économie. L’impact sera de plus en plus important si l’économie réelle reste à l’arrêt et les conséquences sociales sont déjà sans commune mesure avec la crise financière de 2008-2009 et les politiques austéritaires qui en ont découlées. Depuis le début de la crise, les Etats du monde entier ont mobilisé des sommes record (2 200 Md$ aux États-Unis avec le CARES Act[3] et 2 770 Md€ en Europe[4]) pour juguler cette crise sanitaire. Ces fonds devront traiter les racines des catastrophes en cours et non remettre à flot un système économique et financier destructeur, en faisant l’impasse sur la nécessaire relance écologique et solidaire.


Après chaque catastrophe vient le temps de la reconstruction. La période est exceptionnelle et demande des mesures exceptionnelles. Si l’Union européenne a pu s'asseoir sur la sacro-sainte règle des 3% de déficit public des critères de Maastricht et le régime des aides d’État du droit de la concurrence communautaire, il n’y pas de raison à ce que la France ne desserre pas l’étau des finances publiques des collectivités. Ces dernières sont contraintes par les lois de programmation pluriannuelle[5] qui instaurent, avec la contractualisation, un mécanisme d’encadrement de leurs dépenses par la conclusion de contrats visant à consolider leur capacité d’autofinancement et à organiser leur contribution à la réduction des dépenses publiques et du déficit public. Il faut laisser plus d’espace pour la libre administration de nos territoires alors même qu’ils sont l'échelon de la sortie de crise, de la véritable co-construction, et disons le clairement, le dernier rempart de la confiance entre politique et citoyens. Nous connaissons les raisons qui nourrissent notre fragilité sanitaire sur un territoire comme Paris : la surdensification, les flux continus de véhicules polluants, le manque d’espace vert, la précarité énergétique ou encore le coût de la vie qui provoque des arbitrages défavorables aux soins et la difficulté pour accéder à une alimentation de qualité. Mais c’est aussi un échec idéologique tragique, celui du néolibéralisme qui, appliqué à notre système de santé, provoque aujourd’hui un bilan humain et éthique terrible[6].


Poursuivre la politique libérale menée par un État centralisateur qui a entrainé cette situation serait entériner les causes de nos maux sans en tirer les conséquences favorables à l'intérêt général. Une véritable transformation politique doit s’opérer sur la base d’une relance par la transition écologique pilotée par des collectivités mieux dotées. La stratégie du choc[7], pratiquée depuis des années par les forces économiques et leurs alliés des politiques libérales ne manquera pas de plaider, cyniquement, pour un retour rapide au business as usual, via des politiques d’austérité et de dérégulation. Les finances publiques seront exsangues et pourtant les besoins d’investissement seront colossaux. Pour agir, il faut s’affranchir du dialogue entre les marchés et les États et construire nos résiliences territoriales, au plus près des citoyens en privilégiant une relance locale, écologique et solidaire.


Ce big-bang politique et territorial est d’autant plus urgent à Paris que la crise y a mis en lumière des fragilités et des inégalités plus fortes qu’ailleurs sur le territoire national. Notre réponse à la catastrophe doit s’extraire des frontières du périphérique, en construisant une métropole capable de pallier les inégalités sociales et territoriales (1). Ce chemin ne peut être que construit via un nouveau rapport envers l’État et les citoyen.ne.s du territoire par un processus de démocratie locale innovante (2). Il servira de base pour préparer de nouvelles autonomies locales (3) et pour revoir les priorités d’investissement d’une relance écologique et solidaire (4). Pour Paris et sa métropole, le chemin à tracer après la crise est celui d’une résilience territoriale sous la forme d’une éco-métropole.


1. Construire l’éco-métropole pour réparer les inégalités mises en lumière par la catastrophe sanitaire


Pour établir un modèle de vie plus résilient, mieux adapté à l’avenir, nous devons imaginer un territoire en capacité d’agir sur les solidarités et de couvrir les besoins essentiels de sa population. La crise d’aujourd’hui nous fait ouvrir les yeux, il est désormais impératif de déconstruire l’archipel métropolitain que nous connaissons avec Paris comme seule grande île, séparée des autres communes par le périphérique, en un seul territoire cohérent sous le modèle d’une éco-métropole : écologique et socialement juste.


Ce chemin, c’est celui d’un modèle de territoire où la relance par la finance publique sera possible mais en repensant les nécessités d’investissement. L’objectif de l’éco-métropole telle que nous la concevons n’est pas de renforcer le phénomène de compétition économique ou d’attractivité territoriale mais au contraire de créer un espace adapté à la coopération, aux solidarités et à notre résilience collective. Le modèle de l’attractivité économique dérégulée place Paris en situation de dumping fiscal vis-à-vis des autres communes métropolitaines avec une contribution économique territoriale demandée aux entreprises plus faibles[8]. Dès lors, les villes de banlieues, qui manquent déjà cruellement d’infrastructures culturelles, universitaires, scientifiques par rapport à la capitale, souffrent d’un manque de recettes fiscales. Les villes de Seine-Saint-Denis représentent à ce titre parfaitement le phénomène d’inéquité territoriale en cumulant de nombreux facteurs de précarité comme un environnement très urbain, un taux de pauvreté élevé, moins de diplômé.e.s et un fort taux de chômage[9]. Ce sont aussi elles qui en ce moment ont un taux plus important de personnes atteintes par le coronavirus, le résultat d’un moins bon état de santé de la population (obésité, diabètes, maladies cardio-vasculaires), de métiers plus exposés aux risques (très faible taux de télétravailleurs.ses) et de forte densité de population engendrant plus de promiscuité. Plus à l’Ouest, les Hauts-de-Seine concentrent les richesses économiques, alors que cette organisation spatiale entraîne des trajets pendulaires induisant des pollutions diverses. La libre disposition de l’enveloppe fiscale doit trouver sa limite dans le respect des équilibres territoriaux et on ne peut pas compter sur les mécanismes de péréquation pour pallier ces déséquilibres urbains. Il faut donc faire du Grand Paris une éco-métropole des solidarités et un tampon avec les périphéries plus éloignées permettant de lutter contre l’accroissement des disparités régionales.


Photo crédits: Steven Lasry


Un modèle d’éco-métropolisation s’appuie sur une transformation profonde des conditions de justice sociale du territoire. Le confinement de ce printemps a révélé encore plus les inégalités territoriales entre ceux qui ont pu fuir un confinement dans nos villes au profit du grand air de la campagne et ceux qui ont vécu encore plus durement les conditions d’un logement trop petits et sans moyen d’y échapper. Il ne faudra pas oublier les nombreuses personnes précaires, réfugiées, sans domicile fixe, masquées habituellement par l’activité bouillonnante des villes qui se sont retrouvées seules, plus visibles et sans moyen pour se protéger de la contagion. Il est urgent de réduire les disparités territoriales et ne pas laisser dans une périphérie moins dotée celles et ceux qui ont permis le maintien des services essentiels pendant l’épidémie. Paris vit au quotidien grâce aux travailleurs.ses de banlieues, catégories populaires pour occuper les emplois peu qualifiés dans le BTP, la restauration, les services et  “keys workers”, qui sont le plus souvent des employé.e.s du secteur public considérés comme offrant un service essentiel dans la santé, la sécurité, les services publics. Ce sont celles et ceux qui sont célébrés pendant le confinement tous les soirs à 20h, héro.ïne.s modernes de la nation. Nous devons à tou.te.s les habitant.e.s de ce territoire d’avoir la même qualité, le même niveau de vie, les mêmes services et les mêmes chances pour l’avenir.


Le confinement général décrété dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire pour enrayer la propagation de la pandémie est comparé par certain comme une “crise cardiaque du système”[10], en cela qu’il a donné à voir, en plus des profondes inégalités métropolitaines, ce que sont les mécaniques d’un effondrement : chômage partiel de masse, pénurie - en l'occurrence de médicaments, de matériel médical et de protection -, risque de rupture des chaînes d’approvisionnement... Si pour l’instant les pénuries ne touchent pas les produits de première nécessité, nous devons réparer les fragilités inhérentes à notre modèle urbanistique : une autonomie alimentaire ne dépassant pas trois jours à Paris[11], guère plus à l’échelle de l’Île-de-France. Le projet d’éco-métropole par le renforcement de ses compétences peut nous permettre de corriger ces faiblesses en construisant notre résilience collective : production alimentaire locale et durable, transition vers la sobriété énergétique du bâti et les énergies renouvelables. Cet échelon est le plus adapté pour repenser les besoins en énergie en favorisant une offre publique, en régie, sur tout le territoire. Ce sera l’occasion d’innover et de sortir des énergies fossiles pour prioriser le déploiement des énergies renouvelables. En période de crise, notre dépendance aux énergies fossiles peut nous amener à des pénuries bloquant ainsi des pans entiers de notre économie. Penser l’éco-métropolisation de notre territoire c’est construire des solutions adaptées aux besoins de ses 7,2 millions d’habitants et de ses 131 communes à travers des possibilités de projets concrets : l’accès à un logement, aux services publics, à une offre de transport public du quotidien et de qualité, à de la diversité commerciale et culturelle répartie de façon égale sur le territoire.


Cette catastrophe sanitaire a souligné crûment ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas. Nous devons donc fixer collectivement une nouvelle hiérarchisation de nos priorités et définir les impératifs de ce que nous voulons et surtout, ce que nous ne voulons plus. Sans préempter les réponses à cette question, ni-même le périmètre que prendrait cette éco-métropole, les conditions de sa réussite sont claires : une démarche démocratique emportant l’adhésion citoyenne et une relation nouvelle de l’État envers ses territoires. 



2. Redonner le pouvoir aux citoyen.ne.s pour engager la transition par les territoires


Au milieu de l’année 2019, le président Macron a exposé les contours d’une prochaine décentralisation, qui pour le territoire métropolitain devrait permettre d’agir concrètement sur les questions de transports, de politique de la ville ou encore en matière de culture. La loi 3D (différenciation, décentralisation et déconcentration) attendue au second semestre 2020 aurait dû consacrer ce nouvel acte de décentralisation adapté à chaque territoire, en partant de “leurs besoins et de leurs projets”[12]. La responsabilité de l’État dans les moyens et l’autonomie qu’il donnera aux collectivités territoriales pour construire l’avenir est immense. Pour cela il est nécessaire de fixer le cap d’un projet écologique et solidaire d’après crise, qui permette réellement une plus libre administration des collectivités en termes de compétences et de budgets.


Contrairement à ce que postule l’Institut Rousseau [13], cette crise démontre les limites d’un État ultra-centralisé. Au-delà de l’impréparation manifeste à cette pandémie et des manquements patents dans sa gestion, les aides économiques et prêts aux entreprises promis à l’occasion de l’adoption de la loi d’urgence sanitaire sont loin d’être opérationnels. En parallèle, les régions et les municipalités sont à pied d’oeuvre pour soutenir le tissu économique et l’emploi avec le soutien des associations de solidarités venant en aides aux personnes vulnérables. La différence entre les réponses de l’État français et celles des Länder allemands est en cela édifiante. L’organisation de nos pouvoirs publics doit être entièrement revue en faveur des collectivités, dans un rapport d’égalité et non plus de plus de vassalité envers l’État. La logique infantilisante et déresponsabilisante de la contractualisation mise en place sous Hollande et qui perdure sous Macron doit cesser, à la fois car c’est une politique d’austérité néfaste mais aussi parce qu’elle bride les initiatives concrètes de transformations locales. Les milliards des contrats de plan entre l’État et les régions doivent soutenir sans condition les investissements locaux. Des expérimentations inédites doivent pouvoir éclore, via une décentralisation de la sécurité sociale (notamment en faveur de revenus territoriaux de solidarités) tandis que le régime de la fonction publique territoriale doit lui aussi permettre d’innover vers du mieux-disant social et la diminution du temps de travail. L’héroïsme des agents du service public pendant la crise le justifie, tout comme l’urgence de la lutte contre le chômage de masse, auquel les gouvernements successifs depuis les années 80 ont échoué à apporter des solutions. La décentralisation est nécessaire et elle implique plus de moyens et une réelle autonomie fiscale. Le principe d’égalité devant l’impôt ne saurait être objecté lorsque l’on connaît l’iniquité de la TVA envers les ménages aux revenus les plus bas. Plusieurs pistes doivent se concrétiser, certaines défendues de longue date comme une part plus importante des revenus de la TICPE en faveur des collectivités et d’autres nouvelles comme la progressivité des taxes locales (et notamment foncières), la mise en commun des dettes publiques par une banque des territoires et une part modulable de la taxe sur les activités polluantes.  


Par ailleurs, le lien entre les collectivités locales et les autorités déconcentrées de l’État doit également évoluer. Les collectivités ne peuvent plus plaider dans le désert face à des représentants de l’État, qu’ils soient recteurs.rices, directeurs.rices des Agences Régionales de Santé ou encore préfet.e.s, qui décident seuls de politiques essentielles pour nos territoires. Les schémas de déploiement des services publics essentiels doivent par exemple s’extraire des logiques purement comptables - comme ce fut le cas avec la fermeture d'hôpitaux ou de maternités sur tout le territoire et dont le manque se fait cruellement sentir aujourd’hui - pour aller vers un modèle de codécision, a minima. En somme, ce sont des États généraux pour un nouveau pacte girondin que nous devons demander et dans lequel s’inscrirait la démarche de l’éco-métropole du Grand Paris.


Réussir à engager la transition dans la future éco-métropole nécessite en premier lieu de mobiliser toutes les parties prenantes nécessaires à son succès. Les collectivités locales, bien sûr, mais également les citoyen.ne.s et les entreprises. Avant d’avancer sur le chemin de notre résilience collective, nous devons acter collectivement les principes sur lesquels fonder la transformation radicale de notre territoire. Pour cela, nous devons impliquer démocratiquement toutes les parties prenantes avec en premier lieu les habitant.e.s du territoire.


Au moment de l’écriture de la Constitution du 13 décembre 1799, en pleine crise nationale, l’abbé Siéyès, chargé par Bonaparte de rédiger le texte, avait écrit « Le pouvoir vient d’en haut et la confiance d’en bas ». Sa volonté était alors de laisser le peuple s’exprimer par le suffrage mais que le gouvernement n’en dépende pas. Deux siècles plus tard, le pouvoir est toujours concentré en grande partie par l’État. Il serait impensable que la puissance publique réponde à la crise historique que nous vivons sans impliquer la décision collective. La construction de l’avenir de Paris et de son éco-métropole doit faire l’objet d’un travail éclairé par les scientifiques, politiques et acteurs de la société civile organisée (associations, organisations et mouvements) puis validé par l’ensemble des habitant.e.s. Nous avons des exemples de ce type de co-constructions en France avec notamment la Charte de l’environnement de 2005 qui avait rassemblé de nombreux scientifiques appuyés par la participation de huit mille personnes à des assises territoriales et quatorze mille réponses de citoyen.ne.s à un questionnaire. Cela avait aboutit à une hybridation sans précédent entre les citoyen.ne.s et les institutions pour donner le premier texte à valeur constitutionnelle en matière d’environnement. Plus récemment, la Convention citoyenne sur le climat - qui n’a pas encore abouti - réunit 150 citoyen.ne.s tiré.e.s au sort pour aboutir à un projet de loi sur les réponses à apporter pour répondre à une part de l’urgence climatique. Mais d’ores et déjà, la convention réunie en visioconférence les 3 et 4 avril a envoyé au gouvernement 50 propositions pour “porter l’espoir d’un nouveau modèle de société” après la catastrophe sanitaire [14]. S’il fallait se convaincre que les citoyen.e.s sont en avance sur les politiques, la feuille de route qu’ils proposent est très novatrice : avoir un effet positif sur le climat, sur l’économie à court ou moyen terme dans un esprit de justice sociale ainsi que sur la santé et le bien-être des populations. Pour ce faire, les membres de la Convention proposent notamment de rénover 20 millions de logement, de contenir l’étalement urbain, réduire la place de la voiture individuel en développant les transports en commun, de freiner la surconsommation, de favoriser les circuits courts et une alimentation durable et de décarboner l’économie. Sans être conclue, la convention est déjà utile et ce dispositif d’envergure nationale pourrait être complété par de nombreux exemples à l’échelle locale. Quand nous voulons faire participer la population, nous savons le faire et c’est l’un des impératifs de la sortie de crise par et pour les territoires.


Durant le confinement, la population a accepté de se voir privée de sa liberté la plus fondamentale, celle de circuler librement, pour sauver des vies. Mais après la crise, il est inconcevable d’imaginer porter atteinte aux libertés publiques, au droit du travail, sur l’autel de la relance économique. Cette relance après crise doit être l’occasion de démocratiser l’économie en incarnant un projet collectif pour la construction de notre résilience et de l’autonomie locale.


Photo crédits: Carissa Gan


3. L'éco-métropole au service de notre résilience collective : souveraineté alimentaire, transition énergétique, préservation de l'environnement


La crise du coronavirus nous a montré les faiblesses de notre système de production et de notre interdépendance avec les productions du bout du monde. D’un autre côté, l’innovation sociale a su se développer avec notamment la mobilisation d’un réseau d’acteurs pour la fabrication de deux millions de masques en un temps record[15]. Cet exemple nous montre la force des institutions à l’échelon local pour répondre rapidement aux besoins des habitant.e.s. Une priorité à donner à nos territoires est d’enfin garantir le droit à chacun de pouvoir bénéficier d'un environnement respectueux de sa santé. Cette priorité passe par un accès à une alimentation saine et de qualité dont le coût environnemental de production et d’acheminement garantit la résilience de nos territoires.


En premier lieu, nous devons penser à notre souveraineté alimentaire. Pour cela il est impératif de réaliser un Plan Alimentaire Territorial[16] à l’échelle de l’éco-métropole que nous proposons. Cet outil institutionnel viendra se coupler au Plan Alimentation Durable Métropolitain qui devrait voir le jour en 2021[17] et permettra d’établir ou de réévaluer sur les territoires de la métropole les besoins alimentaires du bassin de vie et l’état des lieux de la production agricole après crise. Cela permettra de déterminer les quantités de produits disponibles pour la commande locale et d’investir dans les filières à développer ou à structurer. Nous pouvons commencer par innover sur nos modèles agricoles en développant par exemple des régies métropolitaines agricoles sur tout le territoire, qui pourraient permettre d’avoir des exploitations gérées sous forme de SCIC avec la métropole comme contributrice. L’objectif étant d’aider au développement d’une agriculture durable et d’augmenter l’approvisionnement bio et local dans les restaurations collectives. Il faut penser l’éco-métropolisation comme un levier pour engager la transition agricole de toute l’Île-de-France et pour cela l’institution a un rôle à jouer. À l’échelle de Paris, ce sont 25 millions de repas qui sont servis chaque année entre les caisses des écoles, les EHPAD, les restaurants de la ville, etc. Il faut imaginer que demain, en priorisant les produits locaux par le biais de la commande publique, nous pourrions aider à la relance économique d’un secteur qui va sortir très affaibli après une année comme celle-ci. Enfin, l’éco-métropolisation par l’action publique c’est aussi privilégier d’autres moyens logistiques que ceux qui favorisent à plus de 90% la livraison par camion alors que le fret ferroviaire et fluvial sont trop sous-exploités dans un territoire comme la métropole du Grand Paris. Mais ce sont aussi les livraisons du dernier kilomètre, beaucoup sollicitées pendant la période du confinement, qui doivent être repensées avec des hubs logistiques connectés au fret ferroviaire ou fluvial de longues distances, pour réduire notre dépendance au fret routier d’opérateurs privés dépendant des énergies fossiles.


Le levier de la commande publique - qui représente près de 2 milliards d’euros par an rien que pour Paris - est un outil concret et mobilisable rapidement pour favoriser les circuits courts dans le cadre fixé par le code des marchés publics. Si le critère de “préférence locale” au sens géographique ne peut pas - pour l’instant - être inscrit comme tel dans la commande réalisée par la collectivité, de nombreux critères peuvent favoriser le territoire et les circuits courts. Nous pouvons tout d’abord diviser en lots de produits (allotir) la commande pour permettre aux petits producteurs de répondre à l’offre et ne pas avantager uniquement, comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui, les gros fournisseurs de service en restauration collective. Ensuite, certains critères sociaux-économiques ou environnementaux peuvent favoriser les producteurs du territoire comme : “l'apprentissage, la diversité, les conditions de production et de commercialisation, la garantie de la rémunération équitable des producteurs, le caractère innovant, les performances en matière de protection de l'environnement, de développement des approvisionnements directs de produits de l'agriculture, d'insertion professionnelle des publics en difficulté, la biodiversité, le bien-être animal”[18]. Il faut repenser la ceinture verte autour de Paris et la production que nous pouvons y faire. Pour lier résilience alimentaire, préservation de notre environnement par la lutte contre les pollutions et la neutralité climatique, nous pourrions faire du périphérique une ceinture maraîchère, en plus d’un lien nouveau entre les territoires du Grand Paris dédié aux mobilités alternatives. Les outils existent, il faut maintenant s’en emparer pour engager notre façon de produire notre alimentation vers l’avenir. Repenser la nécessité de produire à l’échelle d’un territoire c’est aussi éviter l’artificialisation galopante qui multiplie les rentes immobilières au détriment des besoins de la population. Le risque de stérilisation de terres fertiles et de déstructuration des filières locales ne s’est pas arrêté avec l’abandon du projet Europa City et les terres du triangle de Gonesse ne sont toujours pas sanctuarisées. En plus d’un impératif de souveraineté alimentaire, cela nous permettra d’initier un gisement d’emplois non délocalisables et de garder sur le long terme des espaces de biodiversité avec une agriculture biologique et un environnement propice pour un véritable poumon vert à proximité des villes.


4. Prioriser la relance économique métropolitaine au service de l’emploi et des nouvelles protections


Le niveau local n’aura pas toutes les cartes de la relance économique. Nous devrons attendre les propositions du gouvernement pour voir les mesures qu’il privilégie : portage temporaire d’entreprise, hélicoptère monétaire, dotations aux collectivités locales, etc. En attendant, les institutions de l’échelon local doivent répondre présentes. Nous constatons dans cette période difficile que la sur-consommation n’est pas utile à notre société, ni à notre bien être. Ainsi, nous devons concentrer nos actions de relance sur ce que les économistes appellent une économie de “co-bénéfices”. C’est à dire qu’elle pourrait agir sur la nécessité absolue de favoriser une économie locale créatrice d’emplois tout en garantissant la protection de notre environnement et de notre santé.

L’agence de notation Fitch a révisé la note de Paris à la baisse dès le 26 mars[19], alors que les rentrées fiscales de la ville seront impactées par les décisions nationales et un net retrait des droits de mutation à titre onéreux lié à l’arrêt du marché de l'immobilier. Les départements de la métropole ont par ailleurs un rôle essentiel de bouclier social à jouer et risquent de voir leur budget s’alourdir par la hausse des aides sociales, sans compter les initiatives d’urgence pour atténuer l’effet de la crise auprès des publics les plus vulnérables. Ces éléments soulignent l’importance de l’augmentation des moyens fiscaux et budgétaires des collectivités et de la métropole mais également l’impératif d’une politique de relance contra-cyclique et solidaire à l’échelle de nos territoires, afin de préserver le plus d’emplois possible dans les secteurs stratégiques.

Après la crise, les investissements des collectivités locales seront un moyen de relancer l’économie et pour cela il est impossible de maintenir les grands projets dispendieux et d’un autre temps. À Paris, nous en avons plusieurs exemples et en premier lieu les grandes tours de bureaux. Le secteur tertiaire va prendre de plein fouet la récession en cours qui va sûrement aboutir à une grande dépression (crise économique durable). Dans ce contexte que ferons-nous de la Tour Triangle, du projet des six tours bureaux à Bercy-Charenton et autres ?


Photo crédits: Bathelemy de Mazenod


Dans un article de 2012, le journaliste Jean-Louis Dell’Oro faisait un état des lieux des coûts pharaoniques pour des tours de plus de 50 étages : à La Défense le m2 coûte entre 2.500 euros et 3.000 euros à la construction pour une tour de 100 mètres de haut, entre 3.000 et 3.500 euros du m2 pour une tour de 200 mètres et cela contre un coût moyen de 1.283 euros du m2 pour un bâtiment classique[20]. Alors la question se pose sur le coût des loyers dans de telles proportions. En 2016, c’est le cabinet Knight Frank qui faisait une estimation des loyers dans le quartier de la Défense avec une moyenne à 550 euros le m2[21] contre environ 30 euros le m2 pour un logement en plein centre de la capitale ! Dans ces conditions, il est impératif de ne plus livrer le patrimoine foncier de la ville à des coûts désavantageux pour la collectivité et stopper les projets de construction qui n’auraient comme seul horizon économique celui de faire travailler le secteur du bâtiment quelques mois durant au détriment de notre environnement.


Pour relancer un secteur économique comme le bâtiment nous avons d’autres solutions et qui s’avèrent aussi être une chance historique, celle d’inciter largement à la rénovation thermique des bâtiments. Alors que la Banque de France vient d’annoncer que le secteur du bâtiment atteint des niveaux de commandes les plus bas depuis 2015[22] nous devons orienter la relance vers la transition écologique, la seule à même de garantir notre avenir. Pour l’emploi c’est une opportunité considérable, uniquement pour la ville de Paris il faudrait rénover 40 000 logements par an pour répondre aux objectifs du Plan climat[23]. Nous devons commencer par identifier les immeubles les plus énergivores, cela pourrait commencer dès maintenant. À la suite de cette évaluation, la collectivité pourrait aider à la rénovation en donnant une aide financière pour les immeubles les plus consommateurs en énergie. Cette solution permettrait de réduire la consommation d’énergie et le rejet de CO2 dans l'atmosphère mais aussi créer de nombreux emplois locaux et non délocalisables dans une large palette de métiers. Ce secteur contient notamment de nombreux auto-entrepreneurs et l’aide de 1500 euros par mois de confinement distribuée par la gouvernement pour passer la crise ne semble pas avoir permis à ces travailleurs de pallier leur manque d’activité pendant toute la période du confinement et de la reprise qui a suivie. Une grande opération de rénovation thermique apportera des co-bénéfices pour agir sur les aspects économiques, sociaux et environnementaux.


Enfin, il y a des secteurs encore plus touchés par les effets de cette crise comme l’hébergement et la restauration, qui enregistrent une baisse d’activité de -98% ou encore le   commerce -55%[24]. Pour les aider à survivre nous devons rediriger des moyens prévus pour certains événements dispensables qui ne sont pas d’utilité publique. Sur notre territoire, nous avons un projet ciblé qui pourrait permettre de faire l’économie d’une grande part d’argent public pour privilégier la relance de l’économie réelle. Cette dépense est celle prévue pour les Jeux Olympiques de Paris en 2024. D’après l’évaluation préliminaire, l’organisation de ces jeux devrait coûter aux alentours de 7 milliards d’euros dont un peu moins d’un quart d’argent public. Le chantier d’aménagement des infrastructures doit commencer en 2021 mais comment envisager cela dans une période d’endettement pour l'État et de complète dépression ? Pour l’instant, les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 sont repoussés à minima en 2021 avec un coût considérable pour le pays d'accueil. Avec une crise économique internationale nous pouvons négocier avec le CIO pour nous éviter un endettement impossible à rembourser et une situation économique désastreuse. La ville de Paris, la collectivité locale et la région Idf avaient prévu d’investir 400 millions d’euros[25], nous proposons que cet investissement soit entièrement redirigé sur quatre ans pour les commerces, l’hébergement et la restauration. Nous accompagnerons ces TPE-PME et commerçant.e.s vers la transition pour rénover énergétiquement leurs établissements, favoriser la diversité commerciale, améliorer leurs matériels professionnels ou encore leur permettre d’engager du personnel en insertion. Cela pourrait aussi servir à doper le secteur de l’économie sociale et solidaire en plein développement en proposant des aides à l’installation, à la conversion ou encore des mises à dispositions de locaux. Pour garantir un meilleurs accès aux soins aux personnes employées dans ces petites structures ou autoentrepreneurs.ses et travailleurs.ses “uberisé.e.s” nous pouvons aussi imaginer le déploiement d’une mutuelle métropolitaine avec des tarifs préférentiels pour leur complémentaire santé. Cette crise sanitaire doit être définitivement l’occasion de repenser l’innovation économique au service des solidarités.

Conclusion


La catastrophe sanitaire en cours a mis en lumière les défaillances de notre État centralisé. Paris et sa métropole se révèlent, à la lueur de cette pandémie, encore plus inégalitaires et moins préparées aux périls du dérèglement climatique. Il est urgent de penser l’après et cela ne peut se faire que dans le cadre d’un nouvel acte de décentralisation permettant aux citoyen.ne.s et à leur.e.s représentant.e.s locales.aux de mener la transformation écologique et solidaire, dans un rapport renouvelé entre l’État central et déconcentré et les territoires. C’est le meilleur moyen de mobiliser notre société, non pas pour relancer un système prédateur mais pour construire un nouveau modèle, capable de prévenir les cygnes noirs[26] et leurs conséquences sociales. La Capitale et le Grand Paris ont un destin commun. Sans préempter le débat démocratique nécessaire à la construction d’une éco-métropole et notamment de son périmètre géographique, nous en avons esquissé les fondamentaux. Nous devons sortir des logiques de compétitivité des territoires provoquant concurrences et égoïsmes institutionnalisés qui ne répondent pas à l’intérêt général des populations. Au contraire, grâce à des projets mobilisateurs visant en premier lieu à construire notre résilience métropolitaine, nous devons aller vers plus de coordination pour notre autonomie collective : souveraineté alimentaire, transition vers la sobriété énergétique et renouvelable, préservation de notre environnement. Mais ces autonomies partagées dépendent de nos autonomies individuelles : le rôle des départements métropolitains, boucliers sociaux, sera essentiel. Au delà d’un principe de solidarité, c’est aussi du pragmatisme budgétaire : les finances locales, à défaut d’un pacte girondin ambitieux, seront mises à rude épreuve, imposant une meilleure coordination voire une mutualisation des moyens. Pareillement, les choix d’une relance économique locale devront, en plus de tenir compte d'impératifs écologiques et sociaux évidents, prévenir toutes faillites de secteurs essentiels, fortement pourvoyeurs d’emplois et permettre le renforcement de nos services publics. De par la captation des richesses par Paris au dépend des communes limitrophes, son rôle moteur et sa générosité dans la démarche d’éco-métropolisation seront des éléments primordiaux. De même, le rapport de cette éco-métropole avec la région doit être constructif et complémentaire au-delà des antagonismes politiques. Le coronavirus aura eu le mérite de hiérarchiser de nouveau ce qui est essentiel et ce qui l’est moins. Nos modes de vie ne resteront pas inchangés face à cette prise de conscience collective. Le retour au monde d’avant semble dans tous les cas impossible à la fin de ce long tunnel de confinement sans précédent. Comment ne pas être saisi de sentiments contradictoires face à une ville à l’arrêt, où, dans l’intimité d’un cercle social réduit, des drames sanitaires, familiaux se jouent loin des yeux alors que la quiétude s’est emparée de nos rues. La faune et la flore locale s’épanouissent de nouveau en l’absence des activités humaines quotidiennes qui participent habituellement à leur effacement. Même la terre d’Île-de-France s’est arrêtée de trembler par la mise à l’arrêt des 21 tunneliers qui creusent nos sous-sols pour faire jaillir les prochaines lignes de transport bientôt saturées. Les oiseaux font leur retour et l’abaissement de la pollution sonore dans la ville nous permet enfin d’en profiter. La Seine s’éclaircit pour retrouver une couleur plus bleutée sans le passage incessant des péniches de touristes et le ciel de Paris a perdu sa cloche grisâtre d’émissions polluantes. Ce territoire à l’arrêt est une suspension inattendue du temps où les seules activités passent par les services essentiels qui garantissent le maintien de notre société. Véritable catastrophe de l’Anthropocène, nous devons faire en sorte de lier cette pandémie avec ses racines profondes : les dérèglements climatiques et environnementaux induits par nos modes de vie. Galop d’essai laissant entrouverte la porte aux futures crises à venir, ce virus est l’opportunité de définir un nouveau chemin, qui, à l’échelle de notre territoire, est celui de l’éco-métropole. C’est notre chance pour construire une société plus écologique et démocratique et résiliente. Saisissons-la.



Antoine Alibert et Jean-Baptiste Pegeon



[1] Pech (T.), “ Crise sanitaire et crise écologique”, 23 mars 2020, Terra Nova, http://tnova.fr/notes/crise-ecologique-et-crise-sanitaire

[2] Sciences Po - OFCE, Évaluation au 30 mars 2020 de l'impact économique de la pandémie de COVID-19 et des mesures de confinement en France, https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2020/OFCEpbrief65.pdf#_ga=2.177580518.2108392761.1585759634-585088599.1585246524

[3] Coronavirus : Trump signe le gigantesque plan de relance américain, Les Echos, https://www.lesechos.fr/monde/etats-unis/coronavirus-trump-signe-le-gigantesque-plan-de-relance-americain-1189805

[4] Remarks by President von der Leyen at the press conference on SURE; the Emergency Support Instrument; and on the Coronavirus Response Investment Initiative Plus, https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/STATEMENT_20_587

[5] LOI organique n° 2001-692 du 1er août 2001 relative aux lois de finances, https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000394028&dateTexte=&categorieLien=id

[6] Truong (N.), “Barbara Stiegler : « La crise due au coronavirus reflète la vision néolibérale de la santé publique »”, Le Monde, https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/09/barbara-stiegler-la-crise-due-au-coronavirus-reflete-la-vision-neoliberale-de-la-sante-publique_6036059_3232.html

[7] Klein (N.), La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre, Léméac, actes Sud, Toronto, 2008,

[8] Par exemple, la cotisation foncière des entreprises (CFE) à Paris n’a pas évolué depuis 2011, son taux est fixé à 16,52% contre des taux beaucoup plus élevés en proches banlieues : Saint-Denis 38,49 %, Vitry-sur-Seine 34,75%, Nanterre 22,92%. Données impôts locaux, direction générale des Finances publiques du ministère de l'Economie, https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/impots-locaux/

[9] “La Seine-Saint-Denis, département de tous les records pour l’Insee”, Le Parisien, http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/la-seine-saint-denis-departement-de-tous-les-records-pour-l-insee-13-02-2020-8258823.php

[10]Garric (A.), “Pablo Servigne, théoricien de l’effondrement : « Cette crise, je ne l’ai pas vue venir, alors que je la connaissais en théorie », Le Monde, https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/04/10/pablo-servigne-cette-crise-je-ne-l-ai-pas-vue-venir-alors-que-je-la-connaissais-en-theorie_6036175_3244.html

[11] Ademe, Alimentation durable, https://ile-de-france.ademe.fr/expertises/alimentation-durable

[12] Carnet n°1 : le lancement de la concertation, Projet de loi décentralisation, différenciation, déconcentration, https://www.collectivites-locales.gouv.fr//files/files/dgcl_v2/carnet_ndeg1.pdf

[13]“Décentralisation et organisation territoriale : vers un retour à l’État ?”, Institut Rousseau, https://www.institut-rousseau.fr/decentralisation-et-organisation-territoriale-vers-un-retour-a-letat/?fbclid=IwAR3SVbF3RZJrmCfZnNnjMXk0h_5s6XH-RXVROMhGR0JuE1vn24nT9L1NUI8

[14]Garrice (A.), “Climat : les 50 propositions de la convention citoyenne pour « porter l’espoir d’un nouveau modèle de société”, Le Monde, »https://www.lemonde.fr/climat/article/2020/04/11/climat-les-50-propositions-de-la-convention-citoyenne-pour-porter-l-espoir-d-un-nouveau-modele-de-societe_6036293_1652612.html#xtor=AL-32280270

[15] France info, Coronavirus : deux millions de masques en tissu offerts aux Parisiens, annonce Anne Hidalgo, https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-deux-millions-de-masques-en-tissu-offerts-aux-parisiens-annonce-anne-hidalgo_3903513.html

[16] LOI n° 2014-1170 du 13 octobre 2014 d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt - Article 39, https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=FEABDE04BB6BAD92B15001510D549BA7.tplgfr27s_3?idArticle=JORFARTI000029573485&cidTexte=JORFTEXT000029573022&dateTexte=29990101&categorieLien=id

[17] Métropole du Grand Paris, LA STRATEGIE ALIMENTAIRE METROPOLITAINE, https://www.metropolegrandparis.fr/fr/la-strategie-alimentaire-metropolitaine-136

[18] Code de la commande publique - Article R2152-7, https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000037730485&cidTexte=LEGITEXT000037701019&dateTexte=20190401

[19] “Fitch révise la perspective de la Ville de Paris à négative; la note ‘AA’ est confirmée, mars 2020,  https://www.fitchratings.com/research/fr/international-public-finance/correction-fitch-revises-outlook-on-city-of-paris-to-negative-affirms-at-aa-26-03-2020

[20] Dell’Oro (J-L), “La vérité sur les coûts de construction d'un gratte-ciel”, Challenges, 2012, https://www.challenges.fr/economie/la-verite-sur-les-couts-de-construction-d-un-gratte-ciel_4627

[21] Knight (F.),  “Les loyers des gratte-ciel londoniens connaissent la plus fulgurante progression dans le monde”, 2016,

https://www.knightfrank.fr/presse/les-loyers-des-gratte-ciel-londoniens-connaissent-la-plus-fulgurante-progression-dans-le-monde-08321.aspx

[22] Conjoncture Industrie, Services et Bâtiment, mars 2020, https://www.banque-france.fr/statistiques/conjoncture/enquetes-de-conjoncture/conjoncture-industrie-services-et-batiment

[23] APC, “Plan climat, https://www.apc-paris.com/plan-climat/batiments

[24] Évaluation au 30 mars 2020 de l'impact économique de la pandémie de COVID-19 et des mesures de confinement en France, https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2020/OFCEpbrief65.pdf

[25] Lefèvre (S.), “JO 2024 : Paris face au défi”, Le Parisien, 2019, http://www.leparisien.fr/sports/JO/paris-2024/jo-2024-paris-face-au-defi-financier-15-09-2019-8152299.php

[26] Taleb (N. N.), Le cygne noir : La puissance de l'imprévisible, Les Belles Lettres, 2010, 496 p.

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