"Face à l’extrême droite et à la politique antisociale de Macron, il va bien falloir se retrouver"

Entretien avec Ian Brossat

Par Nathan Freret


Ian Brossat est adjoint à Mairie de Paris en charge du logement, de l’hébergement d’urgence et de la protection des réfugiés. Porte-parole du Parti Communiste français et tête de liste aux européennes du Parti Communiste, il revient avec nous sur son expérience politique à Paris et plus largement sur les fondements d'une gauche écologiste actuelle avec ses enjeux.


_ Résilience commune : Tu as participé aux municipales à Paris rassemblant la gauche des écologistes aux communistes, quelle a été ton expérience personnelle de campagne d'union fructueuse ?


_ Ian Brossat : Depuis 2001, nous dirigeons ensemble Paris avec un bilan qui fait honneur à la gauche : Paris est depuis peu le premier département en nombre de places en crèches, nous avons créé en trois mandats 100 000 nouveaux logements sociaux…


Derrière ces chiffres parfois abstraits, il y a la vie de familles, d’enfants, de jeunes couples, autant de réalités très concrètes. Je garde en mémoire le sourire des locataires heureux que je rencontre lors des inaugurations de logements sociaux: des aides-soignantes, des infirmiers, des secrétaires médicales, des policiers, des employés de bureau, des ouvriers du bâtiment… Bref, celles et ceux qui font vivre Paris.


Tout cela n’est possible que parce que nous sommes unis, dans l’intérêt des familles populaires et de la classe moyenne

Tout cela n’est possible que parce que nous sommes unis, dans l’intérêt des familles populaires et de la classe moyenne. J’ai une conviction : à gauche, personne ne gagne seul. Nous avons montré que la condition de la victoire, c’est le rassemblement.


À l’échelle locale, nous avons toujours réussi à construire des rassemblements plus larges. Le défi est de le faire à l’occasion d’autres scrutins.



_ Résilience commune : Quels sont les fondements du commun et les valeurs que l'on partage à gauche ?


_ Ian Brossat : Je pense que ce qui nous unit à gauche est justement la mise en commun des éléments fondamentaux à la vie en société. C’est par exemple la conviction que l’une des solutions à la crise que nous traversons est le développement des services publics, le partage — ou la juste mise en commun — des richesses produites.



_ Résilience commune : En 1981, la gauche a pu gouverner la France en élaborant son programme en concertation avec les différentes forces, peut-on en tirer des enseignements actuels ?


_ Ian Brossat : En 1981, l'union entre nos formations s’est construite sur un programme. Je suis convaincu qu’elle ne fonctionnera aujourd’hui que si elle repose sur un contenu, en privilégiant ce qui nous unit plutôt que ce qui nous sépare. Si nous travaillons sur le fond, je suis persuadé que nous réussirons à établir des convergences.


Cependant, depuis 1981, la gauche sociale-démocrate a tourné le dos aux intérêts du plus grand nombre et la gauche radicale n’a pas su apparaître comme une alternative majoritairement crédible aux yeux des Françaises et des Français.


Face à l’extrême droite et à la politique antisociale de Macron, il va bien falloir se retrouver.

Face à l’extrême droite et à la politique antisociale de Macron, il va bien falloir se retrouver. Je pense que pour recréer l’espoir et face à la crise, l’unité sur une ligne radicalement opposée aux logiques libérales est la seule recette.



_ Résilience commune : A Résilience commune, on a fait l'exercice de sélectionner 6 propositions d’union de la gauche qui nous définissent, quelle serait la tienne ?


_ Ian Brossat : Un plan d’urgence pour les hôpitaux publics avec une revalorisation immédiate des salaires et des embauches massives.



_ Résilience commune : On assiste à la renaissance de mouvements de gauche en Europe (labour, Podemos, PCE) mais aussi plus largement sur d'autres continents (on pense notamment à l'Amérique latine), quels pourraient être nos référentiels actuels avec des gauches étrangères ?


_ Ian Brossat : Je fais partie de la génération née dans les années 80, bercée par la théorie de la « fin de l’histoire ». Cependant, je constate aujourd’hui que le système économique prédateur qui organise nos sociétés est contesté de toute part. Partout à travers le monde, il est vu comme dangereux pour les hommes et pour l’environnement. Cette aspiration au bien vivre nous rassemble.



_ Résilience commune : Qu'est-ce que t'évoque aujourd'hui le mouvement Résilience Commune ?


_ Ian Brossat : Ce mouvement est une très belle initiative. Cette démarche participe à renouer le lien entre la politique, les citoyens et les envies populaires et permet de réunir celles et ceux qui souhaitent construire l’alternative.


Cette démarche participe à renouer le lien entre la politique, les citoyens et les envies populaires et permet de réunir celles et ceux qui souhaitent construire l’alternative.

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