Faire basculer le monde du côté de la solidarité, soutenabilité et de la réduction des inégalités.

Mis à jour : mai 2

Par Antoine Beau 


Les économistes Maxime Combes, Geneviève Azam, Thomas Coutrot et le sociologue Christophe Aguiton, membre d’Attac signent le 22 mars pour Le Monde une tribune en faveur de la relocalisation. Ils appellent à « faire basculer le monde du côté de la solidarité, de la soutenabilité, de la réduction des inégalités, en deux mots vers un monde vivable et désirable. »


Les conséquences du coronavirus sur notre système de santé et notre économie aurait pu être moins importantes, selon les économistes Maxime Combes, Geneviève Azam, Thomas Coutrot et le sociologue Christophe Aguiton. L’ampleur de la crise révèle « une fragilité financière décuplée, un dumping social, écologique, fiscal ». Pour eux, nos forces économiques ont été réduites par trois décennies d’accords de libéralisation du commerce et de l’investissement, affectant « les capacités de résistance et de résilience de nos systèmes économiques et sociaux mais également, on le voit, sanitaires ».


« Relocaliser n’est plus une option mais une condition de survie de nos systèmes économiques et sociaux, mais aussi des populations. »


« Relocaliser n’est plus une option mais une condition de survie de nos systèmes économiques et sociaux, mais aussi des populations ». Selon les auteurs il faut orienter les choix structurels, actuellement en réflexion, en faveur d’une relocalisation des activités. La crise montre de graves défaillances dans la mondialisation. Nous subissons une très forte dépendance : « 80 % des principes actifs des médicaments sont désormais importés de Chine et d’Inde, contre 20 % il y a trente ans ». En frappant directement les pharmacies de l’occident, le coronavirus souligne à quel point il est crucial de pouvoir produire localement.

Simplement relocaliser ? Maxime Combes et ses confrères et consœurs se positionnent en faveur d’une relocalisation qui « interroge le contenu même des productions, de leur mode de financement, de leur impact sur la planète et de la qualité des emplois qu’elles font vivre ». Concrètement, il s’agit de « réduire la place des secteurs toxiques pour la biosphère (énergies fossiles, chimie et agro-industrie, électronique, etc) ».


La relocalisation doit être façonnée, afin de « réduire notre empreinte écologique et générer des emplois pérennes et de qualité, en faisant jouer la coopération et la solidarité internationale ». Nous subissons des perturbations logistiques majeures : pénuries de masques et de gels hydro-alcooliques, pénurie de main d’œuvre dans les champs etc. Le besoin de ces produits exacerbe la concurrence mondiale. Une conséquence du confinement mais aussi le symptôme d’une « mal-organisation du monde » selon les auteurs. Ils préviennent : « Relocalisé et relancé au nom de formes de protectionnisme revisités, un tel modèle économique n’en reste pas moins insoutenable et non-désirable ».

Les auteurs soulignent l’importance d’une responsabilité collective et internationale : « Les réponses aux dérèglements climatiques, les mesures sanitaires, économiques et sociales pour faire face à la pandémie du coronavirus devraient être à solidarité internationale obligatoire ».


Les crises sont aussi l’occasion pour les banques de rogner les dispositifs de prévention. Il est pourtant primordial de réguler : « Ce sont les régulations publiques qui permettent de naviguer par gros temps qui devraient être renforcées ». Maxime Combes, Geneviève Azam, Thomas Coutrot, Christophe Aguiton concluent : « Il faudra pour cela que nos sociétés retirent le pouvoir des mains des barons des affaires, des illuminés de la technoscience et de leurs représentants politiques. »

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