Le coronavirus nous fait vivre une sorte de répétition générale avant l’effondrement majeur

Mis à jour : mai 2

Par Léon Thébault

Propositions de Noël Mamère


Dans une tribune publiée par le Monde, le 13 mars dernier, Noël Mamère, ex-député écologiste et ancien maire de Bègles, nous présente sa vision de la crise du Covid-19. À partir de la situation catastrophique de l’Italie et par un parallèle avec le film Contagion de Steven Soderbergh (2011), il dépeint cette crise comme une « répétition générale avant l’effondrement majeur d’un modèle qui a trouvé ses limites ».


« Il ne s’agit pas de la fin du monde (…) mais de la fin d’un monde »


Noël Mamère rejette les explications simplistes, massivement relayées par les médias, qui présentent cette crise comme la fin du monde. Il préfère voir cette crise comme la fin d’un monde d’ «hyper-mondialisation », qui souffre d’une trop grande « interdépendance des infrastructures et des systèmes de production ». Un monde fragile, non résilient et menacé par des crises telles que celle du Covid-19, mais aussi par les crises climatiques à venir.

« Nous sommes comme les pions d’un jeu de dominos : il suffit d’en faire tomber un pour que les autres suivent ».


S’appuyant sur l’ouvrage de Pablo Servigne et Raphaël Stivens, Comment tout peut s’effondrer (Le Seuil, 2015), l’ex-député écologiste souligne la vulnérabilité de nos sociétés.

Comme les deux auteurs le développent, nos sociétés sont menacées par un « risque systémique global », pouvant entraîner «aussi bien des petites récessions qu’une dépression économique majeure ou un effondrement généralisé ». Pour Mamère, « nous en sommes au stade de la dépression économique majeure », menaçant d’abord les plus pauvres et accélérant les inégalités mondiales. Reprenant comme exemple l’accident du Rana Plaza, qui a tué plus de 1000 ouvrières en 2013, il dénonce une mondialisation qui cache « l’insupportable ». Pourtant, les pays riches ont continué à s’exonérer « de leurs responsabilités politiques », ne faisant que nier la réalité. Mais pour Noël Mamère « le déni n’est pas une thérapie. ».


« Il n’y aura pas de canots de sauvetage pour les plus riches, comme dans le Titanic. »


La crise financière de 2008 n’ayant pas suffi, il nous aura fallu attendre le désastre de la crise du Covid-19 pour nous remettre en question. Nous commençons enfin à comprendre, notre fragilité c’est « notre dépendance, au reste de l’humanité comme aux « autres qu’humains », c’est-à-dire au monde des vivants ». Reprenant le parallèle avec le film Contagion, Noël Mamère souligne que nos atteintes incessantes au « monde sauvage », ne font qu’augmenter le risque de virus pathogènes pour l’Homme. Si nous ne changeons pas de modèle, ces « perturbations » ne seront que les prémices d’une crise plus grave, touchant aussi bien les pauvres que les riches.


Nos « démocraties fragiles » réduiront les libertés, comme nous pouvons le voir aujourd’hui dans de nombreux pays, et les régimes autoritaires « renforceront leurs systèmes de surveillance numérique », traquant les « individus ne répondant pas à la norme sociale ».

« Homo homini lupus est » (Plaute)


Aux yeux de l’écologiste, cette crise sonne ainsi comme un cri d’alarme, comme « le réveil de l’humanité soudain mise en face de son destin et de ses choix ». Mais reprenant Montaigne, il nous met en garde, nous rappelant que l’Homme et son orgueil sont « notre menace principale ».

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