Il n'y aura pas de retour à la normale

Mis à jour : mai 2

Par Léon Thébault Propositions de Maxime Cochard


Dans une tribune publiée en mars 2020 par le magazine Regards, Maxime Cochard, militant du Parti Communiste Français et auteur de Nous n’avons pas besoin des riches, aborde l’après Covid-19. Selon lui, cette crise sanitaire d’ampleur mondiale, symptôme du néolibéralisme, annonce des changements profonds pour nos sociétés.


« La casse de l’hôpital et le mépris du gouvernement français pour les soignants, voilà ce qui peut, ce qui doit changer. »


Reprenant l’un des slogans des soignants en grève, « l’État compte les sous, les soignants

comptent les morts », Maxime Cochard pointe du doigt le désastre des politiques néolibérales d’austérité. Faisant « primer la logique lucrative sur celle du soin », nos gouvernements ont affaibli nos systèmes sanitaires, les rendant inadaptées à une période d’épidémie. Face à cet échec, il dénonce l’hypocrisie de ces responsables politiques, « coupables du saccage », qui « promettent aujourd’hui des plans d’investissements

massifs ».

« C’est la société tout entière qui est appelée à changer »


Nous devons dorénavant « adapter nos sociétés aux exigences sanitaires du XXIe siècle ». Face aux succès d’États asiatiques, qui ont fait preuve d’« un degré de préparation collective incomparablement supérieur à celui de pays européens », une évidence fait jour. Nos systèmes sanitaires et nos sociétés occidentales sont vulnérables. Nous devons dès aujourd’hui adopter la même « discipline sanitaire », changer nos habitudes et notre regard sur les questions d’hygiène.

Mais au-delà des questions sanitaires cette crise est, pour Maxime Cochard, révélatrice d’un monde du travail et plus largement d’un système économique à bout de souffle. Maltraités par les réformes successives, les travailleurs « du bas de l’échelle sociale », sont aujourd’hui indispensables en temps de crise majeur. Revaloriser « ces professions doit devenir la priorité politique du moment ».

« Travailleurs indispensables et actionnaires parasites »


La pandémie du coronavirus change notre rapport au travail. Elle révèle une vérité le reste du temps oubliée par nos gouvernants: « en période de crise aiguë, les travailleurs indispensables, ceux qui assurent les activités vitales et les plus exposées, sont ceux du bas de l’échelle sociale». Les soignants, agents des services publics, livreurs, hôtes et hôtesses de caisse, salariés de l’industrie agro-alimentaire. Tous ces travailleurs et travailleuses ciblées par les réformes successives du code du travail et de la protection sociale, oubliés et cantonnés à des emplois dévalorisés, précaires et mal payés. « La revalorisation de ces professions oubliées doit devenir la priorité politique du moment, sans attendre l’après-crise ».


« La nocivité des marchés financiers » peut une fois de plus entrainer une crise économique sans précèdent, dont les causes sont « les politiques libérales de dérégulation de la finance et de dépeçage des services publics ». Les drames qu’engendreront la hausse du chômage, l’exclusion et la pauvreté massive, nous pousserons, il l’espère, à changer notre modèle économique.


Enfin, Maxime Cochard perçoit le recours massif au télétravail comme le signe d’une révolution du travail, traduisant « un vaste mouvement de relocalisation ». Permettant de désaturer les réseaux de transports et de réduire les externalités négatives, ces changements sont, eux aussi, les signes d’un modèle en devenir.

Maxime Cochard considère ainsi cette expérience comme un moment majeur qui doit nous aider à enclencher de profondes transformations. Cette crise n’est pas « un moment d’exception qui appelle un retour à la normale », mais un « révélateur général », qui peut nous permettre d’avancer vers une autre société.



Retrouvez la tribune de Maxime Cochard : http://www.regards.fr/idees-culture/article/tribune-coronavirus-il-n-y-aura-pas-de-retour-a-la-normale 




Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux
  • White Facebook Icon
  • White Twitter Icon
  • White Instagram Icon

© 2020 by Résilience Commune