Une industrie forte pour une France souveraine

Par Gurvan Judas


La réindustrialisation est plus que nécessaire à l'heure du Coronavirus. Gurvan Judas revient avec nous sur les propositions de Jean-Pierre Chevènement soutenues par Emmanuel Maurel, euro-député et co-animateur de la Gauche Républicaine et Sociale, pour une politique industrielle à la hauteur. Comment la France s'est désindustrialisée et comment aujourd'hui en refaire une puissance industrielle afin de garantir notre souveraineté.


Comment réindustrialiser la France ?


Il est dans un premier temps bon de réaliser un constat. 

La France est aujourd'hui l’un des pays les plus désindustrialisés d'Europe, selon Eurostat en France, les emplois industriels en pourcentage de la population active totale ne représentent plus que 13,6 % très loin derrière l'Autriche (17,3) l'Italie (20%), la Finlande (14,8%) ou encore l'Allemagne (20,7%). En 1990 les emplois industriels représentaient encore 20,25 % de la population active en France. Nous assistons donc depuis des décennies à un décrochage industriel de la France. En effet la plupart des emplois industriel sont parti à l'Est, là où la main d'œuvre est à bas coût. L’Europe de l'Est c'est industrialisé de manière impressionnante ces dernières décennies ainsi, la République Tchèque remporte la palme d'or avec 30,6 % suivi de la Slovaquie à 27,3 de la Slovénie, la Pologne et la Hongrie à près de 25%. Ce décrochage industriel ce ressent aujourd'hui à l'heure où le monde entier est impacté par l'épidémie de Covid-19. Nous avons assisté à une pénurie de masque, de respirateurs, que nous importons et n'avons pas produit en quantité suffisante, contrairement à nos voisins ayant conservé une industrie forte. Nous ne pouvons pas nous permettent d'être dépendant sur ce secteur clef. La souveraineté industrielle est une absolue nécessitée ! 



Pourquoi cette situation ?


Tout d'abord il y a eu plusieurs erreurs faites au cours des quarante dernières années.

Le choix d'une monnaie forte d'abord en 1979, trop forte, bien trop forte pour l'économie française. En arrimant le franc au mark, ce qui se paiera d'un taux d'intérêt élevé et d’une récession inattendue en 1993. Le choix de cette monnaie trop forte sera maintenu en 1983 au moment du tournant de la rigueur entrepris par François Mitterrand.

Ensuite, l'abandon progressif d'un État stratège au cours des trente dernières années. Au nom du principe de concurrence imposé par l'Acte Unique et administré par la Commission Européenne. L'État français ne défend plus ces champions nationaux comme Alstom, vendu aux Américains.


Enfin, le principe de concurrence libre et non faussée imposé par l'Union Européenne notamment par l'Acte Unique de 1986 accentué par le traité de Maastricht en 1992, nous empêche de créer des champions français et même Européen. Au nom de la concurrence libre et non faussé il est aujourd'hui difficile de faire de grands projets comme le Concorde ou Airbus, car la doxa européenne est la mise en concurrence de tous.   Après 1983, la Commission Européenne s'est opposée à toute velléité de politique industrielle. Les plans sectoriels dans le textile et la machine outils ont été abandonnés ainsi que le projet industriel pour l'innovation.


Le choix de la monnaie unique, cette monnaie unique dans une zone économique hétérogène polarise la richesse là où l'industrie est forte. Mais là ou elle est faible, ancre les régions dans le sous-développement comme la montré l'économiste canadien Robert Mundell. Or l'industrie française en dehors de quelques secteurs est positionnée dans la moyenne gamme.


Nous n'avons tiré aucune conséquence de l'entrée en vigueur de la monnaie unique. Ni en matière de politique salariale, de durée de travail, de fiscalité ou d'assiette de cotisation sociales.


Que faire ?


-Transformer notre appareil productif ainsi que notre programme de numérisation de notre industrie avec un appel d'offre.


-Une modernisation salariale.


-Ouvrir un débat sur le rôle que la monnaie commune a eu dans ce décrochage industriel. Dans une économie mondialisée nous avons besoin d'un contrôle de notre monnaie et de flexibilité.


Dans un système économique mondial qui reste marqué par une très grande liquidité, avec tous les risques de spéculation, de bulles, de retournement que cela comporte. Nous avons besoin de reconstruire un ministère de l'industrie. Mener des actions structurelles en matière de fiscalité favorables à l'investissement, à la recherche, tel l'allègement de la fiscalité sur les successions d'entreprise. Il faut également mettre prioritairement des crédits sur la formation initiale et les apprentissages de base ainsi que sur la formation en alternance.


Pour conclure : il est aujourd'hui, plus qu'hier, décidément tant de restaurer notre appareil industriel, il est plus qu'indispensable aujourd'hui d'avoir une réelle souveraineté industrielle !


74 vues
Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux
  • White Facebook Icon
  • White Twitter Icon
  • White Instagram Icon

© 2020 by Résilience Commune